Les feuilles tombent, les pluies reviennent et le gel n’est plus très loin. C’est entre octobre et la mi-novembre qu’une toiture se prépare pour l’hiver : une gouttière bouchée ou une tuile fendue se règlent en une courte intervention à l’automne, et deviennent une infiltration si l’on attend janvier. Voici les sept points que nous contrôlons, dans l’ordre, lors d’une visite d’entretien.

Pourquoi l’automne est le bon moment
Trois choses abîment une toiture en hiver : l’eau, le gel et le vent. L’eau qui stagne dans une gouttière bouchée déborde sur la façade ou remonte sous les premiers rangs de la couverture. L’eau qui s’infiltre dans une fissure gèle, gonfle et élargit cette fissure : une tuile fêlée en octobre est souvent une tuile cassée en février. Le vent, lui, soulève ce qui tient déjà mal, une faîtière descellée ou une ardoise dont le crochet s’est ouvert.
À l’automne, ces défauts sont encore simples à corriger. Les journées sont assez longues et assez sèches pour travailler correctement, les soudures et les mortiers se font hors gel, et l’on intervient sur un défaut repéré à temps plutôt que sur un dégât des eaux.
La check-list d’automne en 7 points
1. Gouttières, chéneaux et descentes
C’est le premier poste à traiter. Une gouttière se nettoie au moins une fois par an, après la chute des feuilles, et plus souvent sous les arbres. Feuilles, mousses tombées du toit et nids d’oiseaux finissent par former un bouchon à la naissance de la descente : l’eau déborde, ruisselle sur la façade et, quand il gèle, le poids de la glace fait plier les crochets.
Les points à contrôler :
- L’écoulement : l’eau doit arriver jusqu’au pied de la descente. La première averse suffit pour le constater.
- La pente : elle doit être régulière vers les descentes, sans creux où l’eau stagne.
- Les fixations et les soudures : crochets desserrés, gouttière qui penche, soudure ouverte, zinc percé.
- Les crapaudines : ces grilles posées à l’entrée des descentes retiennent les feuilles. Elles doivent être en place et dégagées.
Sur la plupart des immeubles parisiens, la gouttière est un chéneau encaissé dans la maçonnerie. Il reçoit l’eau de grandes surfaces de toiture et ne pardonne pas un défaut d’étanchéité : l’eau qui en fuit part directement dans les murs. Voir notre page zinguerie et gouttières.

2. Tuiles, ardoises et zinc
Le contrôle se fait depuis le sol, avec des jumelles ou le zoom d’un téléphone. On cherche les tuiles cassées, fendues ou déplacées, et les ardoises glissées ou manquantes. Sur une couverture en ardoise ancienne, l’usure vient souvent des fixations avant l’ardoise elle-même : un crochet qui rouille ou qui s’ouvre laisse glisser l’ardoise. Sur le zinc, on recherche les soudures ouvertes, les couvre-joints déplacés et les percements.
Un indice simple : des morceaux de tuile ou d’ardoise au pied de la façade ou dans la gouttière indiquent qu’un élément s’est cassé plus haut. Une seule pièce manquante suffit à laisser entrer l’eau. Nous assurons ces remplacements dans le cadre de nos travaux de couverture.
3. Faîtage, rives et noues
Le faîtage, au sommet du toit, et les rives, sur ses bords, sont les parties les plus exposées au vent. Une faîtière descellée ou un mortier fissuré offrent une prise aux rafales d’hiver : c’est par là que commencent beaucoup de dégâts de tempête. Voir notre article Après une tempête : tuiles envolées, assurance et faux couvreurs.
La noue, angle rentrant formé par la rencontre de deux versants, collecte l’eau des deux pans. Les feuilles s’y accumulent et retiennent l’eau : elle doit être dégagée en même temps que les gouttières.
4. Solins et abergements de cheminée
Les solins raccordent la couverture à un mur ou à une souche de cheminée ; les abergements assurent l’étanchéité autour des cheminées et des fenêtres de toit. Un solin fissuré ou décollé est l’une des causes d’infiltration les plus fréquentes, et l’une des plus trompeuses : l’eau chemine le long de la charpente avant d’apparaître au plafond, parfois loin de son point d’entrée.
On en profite pour regarder la souche elle-même : enduit fissuré, briques déjointoyées, couronnement abîmé. Si le conduit est en service, pensez aussi au ramonage annuel, confié à un ramoneur.

5. Mousses, lichens et végétation
La mousse retient l’humidité contre la couverture, freine l’écoulement de l’eau et se détache par plaques qui finissent dans les gouttières. Sur une tuile poreuse, cette humidité permanente favorise l’éclatement au gel.
Le démoussage se fait par brossage, puis par application d’un traitement anti-mousse, par temps sec et hors gel. Le nettoyage à haute pression est déconseillé sur la tuile, dont il abîme la surface. Pensez aussi à faire tailler les branches qui surplombent le toit : elles apportent les feuilles et entretiennent l’humidité.

6. Les combles, vus de l’intérieur
Une toiture se contrôle aussi par-dessous. Avec une lampe, de préférence pendant ou juste après une pluie, on recherche :
- des taches sombres ou des auréoles sur les voliges, les chevrons ou l’écran sous toiture ;
- un isolant tassé, humide ou noirci : un isolant mouillé n’isole plus ;
- des points de lumière du jour entre les tuiles ou les ardoises ;
- une odeur de moisi ou de la condensation, signes d’une ventilation insuffisante.
C’est aussi le moment de regarder l’état de l’isolation. La toiture est la paroi qui laisse le plus de chaleur s’échapper dans une maison mal isolée, de l’ordre de 25 à 30 % des pertes selon l’ADEME. Voir notre page isolation de toiture. Les aides ont changé le 1er septembre 2026 : nous faisons le point dans Isoler sa toiture après la réforme MaPrimeRénov’ : les aides qui restent.
7. Fenêtres de toit
Autour d’une fenêtre de toit, les feuilles se logent dans le raccord d’étanchéité et gênent l’écoulement : un simple nettoyage suffit le plus souvent. À l’intérieur, des joints durcis, de la condensation en hiver ou des traces d’infiltration autour du cadre signalent une fenêtre vieillissante ou un raccord à refaire. Voir notre page fenêtres de toit.
Ce que vous pouvez faire vous-même, et ce qu’il vaut mieux confier
Depuis le sol, depuis une fenêtre et depuis les combles, on repère déjà l’essentiel. En revanche, nous déconseillons de monter sur le toit. Une couverture humide est glissante, les tuiles et les ardoises cassent sous le pied, et les chutes de hauteur comptent parmi les premières causes d’accidents graves dans le bâtiment. Un couvreur intervient avec les protections adaptées au chantier : harnais, ligne de vie, échafaudage ou nacelle.
- À faire soi-même : observer la toiture depuis le sol, vérifier l’écoulement des descentes par temps de pluie, inspecter les combles, nettoyer une gouttière accessible sans risque depuis le sol ou un étage.
- À confier à un couvreur : tout ce qui demande de monter sur le toit. Nettoyage des chéneaux et des gouttières en hauteur, remplacement de tuiles et d’ardoises, reprise de faîtage, réfection de solins, démoussage, recherche de fuite.
En copropriété : un point à mettre à l’agenda du syndic
Dans un immeuble, la toiture est une partie commune : son entretien relève de la copropriété et se commande par l’intermédiaire du syndic. Une visite à l’automne, avec nettoyage des chéneaux et des crapaudines et contrôle des zingueries, coûte peu au regard d’un dégât des eaux au dernier étage.
Si vous habitez sous les toits et que vous constatez une tache au plafond ou en haut d’un mur, signalez-la au syndic sans attendre l’assemblée générale : plus une fuite est prise tôt, plus la réparation est limitée.
La check-list à imprimer
Avant l’hiver, j’ai vérifié…
- Gouttières et chéneaux nettoyés, descentes dégagées, crapaudines en place
- Aucune tuile cassée, aucune ardoise glissée ou manquante
- Faîtage et rives en bon état, noues dégagées
- Solins et abergements de cheminée sans fissure ni décollement
- Mousses retirées, branches taillées au-dessus du toit
- Combles secs : pas de tache, pas d’isolant humide, pas de jour visible
- Fenêtres de toit nettoyées, joints et raccords en bon état
Questions fréquentes
Quand nettoyer ses gouttières à l’automne ?
Une fois que la plupart des feuilles sont tombées, ce qui correspond en général à la période de fin octobre à fin novembre en Île-de-France. Sous de grands arbres, deux passages sont préférables : un en cours de chute, un à la fin.
Une tuile cassée peut-elle attendre le printemps ?
Mieux vaut ne pas attendre. L’eau qui entre mouille le support et l’isolant pendant tout l’hiver, et le gel aggrave la casse. Le remplacement d’une tuile ou d’une ardoise est une intervention rapide ; la réparation d’un plafond et d’un isolant détrempés ne l’est pas.
Faut-il démousser avant l’hiver ?
Si la mousse est épaisse ou tombe dans les gouttières, oui : on la retire par brossage avant les pluies d’hiver. Le traitement anti-mousse demande un temps sec et hors gel ; quand la saison est trop avancée, il se programme au printemps.
À quelle fréquence faire contrôler sa toiture ?
Une fois par an, de préférence à l’automne, et après chaque épisode de vent fort ou de grêle. Une couverture ancienne ou entourée d’arbres mérite un second passage au printemps.
